Le rap au féminin

Être une femme et choisir de s’imposer dans un monde marqué par les stéréotypes machistes il faut quand même en avoir des … Ce monde c’est le rap , hip-hop, là où tu vois cette fille (qui a sûrement un père ou même un frère sisi) se déboîter le bassin dans des clips aux grosses voitures et aux billets qui volent. Bon ça c’est un gros stéréotype du rap bling-bling et un mauvais , mais c’est ce a quoi les gens associent la femme quand ils pensent au rap.

Celles qui s’aventurent dans ce domaine sont malheureusement rares et doivent souvent choisir leur clan : celui des bad girls, ultras féminines en talons de gogo qui crachent des punchlines de trafiquant de drogue tout droit sortie de Harlem aux United states. Deuxième clan celui des rappeurs, gommer toute présence de féminité en s’habillant comme un mec et en adoptant l’attitude pour avoir un minimum de crédibilité auprès des collègues et de la profession.

Voici un petit échantillon des rappeuses anglophones emblématiques qui ont marqué le rap ces 25 dernières années.

Dans le genre bad girl, on a la pionnière et l’indétronable Lil Kim. La new yorkaise ( Brooklyn ) est aujourd’hui connue pour ses différentes opérations de chirurgie esthétique plus ou moins réussies,surtout moins… Mais sans elle les générations actuelles de rappeuses n’existeraient pas, c’est elle qui est à l’origine du style. Connue pour sa relation avec l’une des plus grandes icône du rap, notorious B.I.G., elle se lance a 19 ans dans le rap et devient une figure emblématique du game à son tour. Son premier album Hard Core est devenu une référence du rap des années 90 .

Perruque et bikini assortis au décor, du grand Lil Kim avec Crush on you ( 1997)

Face à elle, on a Nicki Minaj, la jeune rappeuse s’est imposée elle même ses 5 dernières années comme étant la barbie queen du rap américain. Avec comme mentor Lil Wayne, la trinidadienne au look parfois improbable et extravagant nous rappelle justement la Lil Kim des années 90. Cette dernière n’a pas tardée à lui rappeler qui était la première et comme dans le rap masculin la guerre entre rappeuses se fait par album interposés, c’est ainsi que Lil Kim a sorti en 2011 Black Friday, son album en réponse à l’album Pink friday de sa jumelle Nicki. Malgré ce clash la rappeuse du Queens qui abuse elle aussi des punchlines crues a réussi à faire popularisé son rap dans le monde entier notamment grâce aux accents pop quelle met dans ses chansons les rendant plus accessibles.

Le son le moins « commercial » de son album Pink Friday- Did it on’ em

 

Le prix de la bad girl des années 2000 est pour E.V.E. Celle ci est surtout connue pour ses featurings avec des chanteuses comme Gwen Stéphanie ou encore pour ses apparitions prévues sur l’album de Dr dre , Detox ( album qui sortira un jour…). Depuis elle apparaît dans des films et series, laissant de côté le rap.

On se rappelle tous de cette chanson … Who’s that girl – E.V.E.

 

Dans le genre rappeur on a Missy Elliot, ensemble survêtement Adidas, Stan Smith aux pieds casquette et filet, bon on la voit mal en robe et talons mais elle cultive un look et un style a l’extrême opposé de ses collègues féminines. On oublie totalement que c’est une femme et on se concentre sur sa musique, dommage d’être obligé de se cacher pour que ça soit fait. A part ça, ses clips et son univers sont bien personnels, son son est tout de suite identifiable, caractéristique et donne envie de bouger. Associée à Puff Daddy elle fait découvrir des artistes tel que Aalyah, montrant qu’elle a autant sa place dans le monde du hip hop que n’importe quel homme.

Work it où elle se moque des clichés du rap

Ensuite on a les petites nouvelles, celles qui n’ont pas de clans et qui ont intégré les codes du rap tout en gardant leur féminité et qui ont l’intelligence de jouer avec.

Iggy azalea la poupée blanche qui montre que pour faire du rap, il ne faut pas forcément être noire, avoir fait de la prison, venir de Brooklyn et bien sûre être un homme. l’interprète de Pussy, le morceau qui l’a fait connaitre, cultive un côté bad girl mais montre que c’est elle qui a le pouvoir et ne vend pas seulement du fantasme.

Son dernier clip Fancy est un hommage au film Clueless, on en revient toujours à cette époque des 90’s.

Azealia banks se démarque elle aussi par ses musiques et son style électro des années 90. La rappeuse est plus connue pour son extravagance, ses clips surprenants et originaux que pour son côté sexy ce qui fait d’elle un réel personnage. Malgré ses comparaisons a Nicki Minaj, elle apporte quelque chose de nouveau et d’authentique, loin de recycler les vieux codes de ses prédécesseurs.

Pour finir M.I.A., seule anglaise de notre liste, seule rappeuse que l’on ne peut classer dans aucune des catégories, peut être la seule également à ne pas être dans un délire égo-trip. Elle se démarque par sa voix, son flow lent et son accent. La jeune femme d’origine tamoule se différencie également de ses collègues par les thèmes de ses chansons et son engagement, c’est ainsi que l’une de ses chansons rend hommage aux femmes qui ont l’interdiction de conduire dans certaines cultures arabes montrant ainsi qui sont les réelles Bad girls.

Un des meilleurs clip de 2012…