Disiz et les autres

Disiz la peste c’est un peu le grand frère celui qui nous avertit des dangers de la vie, qui a tout vécu avant nous et qui raconte ses vieilles histoires d’ adolescent. Il est gentil, le plus gentil de la de sa bande de pote, il a aussi l’air d’être le plus intelligent, le plus terre à terre, le plus discret. Au final il est moins que tous les autres, moins provocateur, moins tape à l’œil, moins mis en avant.

Face à NTM, IAM, Lunatic, le Ministère A.M.E.R. Disiz Lapeste rentre dans la case gentil rappeur des années 90, au côté de son mentor JoeyStarr il se fait connaître avec son titre « J’pète les plombs ». Cette année il revient avec son album Transe lucide qui succède à Extra lucide et Lucide. Et cet album est bien une suite, les thèmes de ses chansons sont assez récurrents, un album bien personnel et fortement nostalgique, une sorte d’auto thérapie, d’autobiographie. Hein? Surprenant pour un album de rap ? Non, car LE rappeur est égocentrique on le savait déjà mais le cas de Disiz est particulier, mélanger les styles et thèmes de ses chansons c’est son truc. Voici quelques exemples :

Disiz la Peste est capable de parler à la fois de son enfance, son adolescence, de son identité et de la difficulté de se cerner lui même comme dans le titre « Echo », 

et de l’autre côté recycler ses bonnes vieilles recettes, comme pour le morceau « Kamikaze » qui nous fait penser à son ancien morceau « Ultra beau goss », un titre léger où il s’amuse, destiné à être diffusé en club, ou à ambiancer pendant ses concerts. Il peut donc faire des titres légers, voir régressifs à la Maître gims ou plus à la Orelsan et de l’autre de faire des titres égotrip tel que « Rap génius » où il précise les chiffres de son département (clicheyyy), insulte les journalistes de petits babtous, et se prend pour un ricain avec des motherfuckers…Et là encore, en total opposition,  succède un autre titre « Spirale » cette fois ci, plus sérieux, une critique de la société, du quotidien, de la monotonie et du conformisme aux normes. C’est un petit peu la version plus poétique et moins noire que celle de Big Flo et oli, « Monsieur tout le monde ».

Mais son thème favoris c’est quand même la question de l’identité si tu sais pas encore que Disiz est métis, qu’il vient de banlieue, c’est que tu n’as écouté aucune de ses chansons. Bon on a le titre « Métis(se) » avec Yannick noah, mais surtout on a le titre phare se son nouvel album Complexité française qui nous fait cette fois ci penser à la chanson « Bâtard » de Stromae ou il précise et insiste fortement sur le fait qu’il ne veut pas être assimilé et être mis dans telle ou telle case de par ses origines « je suis bien plus qu’un papier, bien plus qu’un drapeau » il finit sa chanson en se proclamant citoyen du monde, citant ses différentes expériences dans différents pays. Il se décrit lui même comme complexe en mettant en avant ses contradictions. On sent quand même qu’il veut se justifier de ce qu’il est ou qu’il n’arrive pas lui même à définir son identité, à se cerner. Complexe le Disiz, c’est un mot assez juste au final pour le définir et définir ses chansons.

Enfin on finit sur du love avec sa chanson mi chanson d’amour mi chanson de prière « Kadija », un titre un peu fragile à la Drake, « bénis bénis bénis mon ange gardienne, mon garde du cœur, je t’aime encore  » le titre qui vient compléter le côté hétéroclite de l’album.

Au final, dans Transe Lucide il y a de l’amour de la nostalgie, du hard core, de la complexité, un peu de tout, Disiz met d’accord tout le monde en abordant plusieurs thèmes, c’est à la fois sa particularité, sa force, mais aussi sa faiblesse puisqu’il ne vise aucun type de public en particulier. Ceux qui cherchent un type de rap bien définis vont trouver une ou deux chansons qui correspondent à leurs attentes mais vont certainement être déçus par les autres. Malgré tout, cela reste un album riche, propre, avec des sons pas forcément novateurs mais qui font largement l’affaire et correspondent parfaitement aux paroles et différents thèmes. Un album a écouter et réécouter pour vraiment l’apprécier.

Le clip de Big flo et Oli « monsieur tout le monde »

« Compléxité française » de Disiz